[Communiqué] Réaction aux propos de Khaled Chouket, porte-parole du Gouvernement

Paris et Tunis, le 17/03/2016

Résumé

Dans une déclaration radiodiffusée le 14 mars 2016, Khaled Chouket, porte-parole du Gouvernement tunisien, a appelé au retour en Tunisie du citoyen tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Il a déclaré ne pas respecter un peuple, sous-entendu le peuple tunisien, qui renie ses leaders. L’association Cahiers de la Liberté s’étonne très vivement de cette prise de position, qui engage le Gouvernement par la voix de son porte-parole. Elle appelle le Chef du Gouvernement à préciser la position officielle du Gouvernement sur ce sujet, et à en tirer les conséquences quant aux responsabilités confiées à Monsieur Khaled Chouket.
Réaction aux propos de Khaled Chouket, porte-parole du Gouvernement

Source image : Le Monde

Communiqué

Dans une déclaration radiodiffusée le 14 mars 2016, Khaled Chouket, porte-parole du Gouvernement tunisien, a appelé au retour en Tunisie du citoyen tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Il a considéré que l’ancien dirigeant était « accablé » et que ses souffrances devaient être soulagées : « Que Dieu mette fin à son accablement et à son exil. Moi, je ne veux pas qu’il reste en Arabie saoudite ». Il a déclaré ne pas respecter un peuple, sous-entendu le peuple tunisien, qui renie ses leaders.

En réaction à cette déclaration, l’association Cahiers de la Liberté estime utile de rappeler que :

  1. Le citoyen Zine El Abidine Ben Ali n’est pas interdit de territoire en Tunisie. Il a fait le choix de s’exiler. Il est libre de revenir au pays.
  2. Le citoyen Zine El Abidine Ben Ali a été condamné par les juridictions tunisiennes à perpétuité à plusieurs reprises, et à une peine de plus d’une centaine d’années de prison, notamment pour des faits de meurtre, de torture et de pillages sur le territoire national.
  3. Ces décisions de justice sont frappées de l’autorité de la chose jugée. Compte tenu du principe de séparation des pouvoirs inscrit dans la Constitution tunisienne, il n’appartient certainement pas à un membre du gouvernement de les remettre en cause.
  4. En s »exprimant comme il l’a fait, Monsieur Khaled Chouket a tenté de jeter publiquement le discrédit sur une décision juridictionnelle, dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice ou à son indépendance, donc à l’Etat de droit, trois principes fondateurs de la République et de la démocratie tunisiennes.

Au regard de ce qui précède, l’association Cahiers de la Liberté s’étonne très vivement de cette prise de position, qui engage le Gouvernement par la voix de son porte-parole. Elle appelle le Premier ministre à préciser la position officielle du Gouvernement sur ce sujet, et à en tirer les conséquences quant aux responsabilités confiées à Monsieur Khaled Chouket.

Cahiers de la Liberté

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